Interview – { Nos absents présents }

Souhaitant mettre plus en avant le partage en généalogie, quoi de mieux que d’interviewer d’autres généabloggeurs ? Aujourd’hui c’est Aurélie tout droit sortie du DU de Nîmes et auteur du blog { Nos absents présents }.


Bonjour Aurélie

Merci d’avoir accepté de répondre à quelques questions. Quand as-tu découvert la généalogie ? Et qu’est-ce qui a fait que tu sois devenue accro ?

Merci pour cet honneur Jenni.

J’ai découvert la généalogie au travers d’une photographie ancienne, plus spécifiquement la photographie des noces de mes AAGP en 1907, partagée par mon arrière-grand-mère. À l’époque j’avais 12 ans et déjà passionnée d’Histoire. Je dévorais les livres d’Histoire et les biographies de toutes sortes. J’ai voulu connaître le destin des personnes présentes sur cette belle photographie.

mariage Claire et Philippe Bourgue 001

© Aurélie B - Mariage de Claire et Philippe Bourgue 1907

Je suis devenu accro dès la découverte de mes premiers actes. Nous étions au début de la numérisation sur internet. Comme un jeu de piste, j’ai compris que chaque acte retrouvé était une victoire, un pas en avant. Ce « travail » de fourmi me plaisait (et me plait toujours), j’aime cette adrénaline si particulière. Un de mes plus beaux souvenirs reste la découverte du dossier de l’assistance publique concernant mon AGP, retrouvé en compagnie d’une cousine de la même branche perdue de vue depuis de nombreuses années. Quelle émotion ce jour-là !

La généalogie a toujours été en toile de fond dans mes études. Après une licence d’Histoire à l’Université d’Avignon, où j’ai suivi avec passion des cours sur la famille au Moyen Age par exemple, mon mémoire de master portait sur la bible en images de Pampelune, chef d’œuvre de l’art roman du XIIe siècle. J’ai axé une partie de l’étude sur l’arbre de Jessé, « schématisation » de l’arbre généalogique du Christ. Tout au long de ces années, j’ai enrichi ma bibliothèque d’ouvrages passionnants, traitant tout à la fois de l’Histoire de France, des histoires locales (faits divers, costumes régionaux, …), de l’histoire sociale, de la psycho-généalogie, bref, lors de mon inscription au DU de Nîmes, je me sentais « prête ».

Tu es une des 25 OLAF, comment et pourquoi avoir fait le DU « Généalogie et Histoires des familles » avec l’université de Nîmes en session à distance ?

J’ai découvert le DU de Nîmes en 2010 via un forum de généalogie. A cette époque, Le DU n’existait qu’en présentiel et il était impossible à concilier avec mon ancien emploi. En 2015, je suis devenue maman, cela m’a conduit à repenser mes priorités, mes choix de vie. Connaissant ma passion, mes proches m’ont beaucoup soutenu et poussé à faire le grand saut. Le DU à distance, bien que nécessitant une organisation et une logistique importante, a été plus adapté à ma situation de maman d’enfant en bas-âge.

Complètement autodidacte, comme de nombreux généalogistes amateurs, ma première motivation était d’acquérir une méthodologie claire et efficace.

Qu’est-ce que ce cursus t’a apporté ? Quelle matière t’a le plus plu et pourquoi ?

Une des choses les plus importante que je retiens de cette expérience, c’est le partage. Partage d’expériences, partage de méthodologie, partage d’une passion commune, par exemple ne pas passer pour une folle quand on explique que le dimanche on se promène dans les cimetières à la recherche de tombes d’ancêtres ^^. L’entraide entre camarades, d’improbables cousinages et de solides amitiés malgré nos différences sociales et de générations.

Avant le DU, à cause ou grâce à internet c’est selon, je n’avais jamais mis les pieds aux Archives Départementales. Au cours du cursus, j’ai appris à mieux connaître les différentes sources disponibles, j’ai acquis de nombreux automatismes, et j’ai appris à contourner le problème d’une source manquante ou partielle en cherchant l’information dans d’autres registres.

Contrairement à ce que j’imaginais au départ, la matière qui m’a le plus plu a été l’histoire du droit des familles. Le professeur a su rendre  cette matière passionnante et cela m’a permis de mieux appréhender les enjeux des contrats de mariage par exemple, issus de droit romain pour une large partie de mes ancêtres (sud de la France).

Tu es l’auteur du généablog « Nos absents présents« . Peux-tu nous en parler un peu ?

Comme vous l’avez compris, tout dans mon parcours fait rimer généalogie avec technologie.

En 2009, j’avais créé un petit blog pour partager mes découvertes avec ma famille, blog peu approvisionné en articles par le manque de temps et d’investissement de ma part. Je lui ai préféré un compte Twitter, alimenté par des actes insolites rencontrés au fil de mes recherches. J’aime Twitter pour la réactivité de ses membres, une véritable communauté de généalogistes y interagit quotidiennement. D’ailleurs Jenni, nous nous sommes rencontrées sur ce réseau quelques mois avant le DU.

Depuis la fin du DU, en mai 2018, j’ai souhaité recréer un blog qui me ressemble, plus complet que le précédent, sur lequel j’essaie de partager des parcours d’ancêtres particuliers, des actes insolites, des photographies de lieux, un peu de moi en fin de compte. J’ai beaucoup appris en lisant les articles de généabloggeurs. J’espère, en toute modestie, que {nos absents présents} apportera une pierre à l’édifice des généablogs et pourquoi pas qu’il donne envie à des néophytes de se pencher sur leurs ancêtres. Le partage, toujours, est le mot clef.

Quels sont tes projets généalogiques à venir ?

Concernant le blog, une foule d’idées d’articles se bousculent dans mon esprit.

À court terme, j’espère être prête pour le challenge AZ de novembre 2018, grand rendez-vous de la communauté des généabloggeurs.

En novembre également, l’association de généalogie à laquelle j’appartiens a le beau projet de mettre sur pied une exposition rendant hommage aux poilus de notre petit village. L’association a déjà retrouvé quelques poilus « Morts pour la France » non-inscrits sur le monument aux morts local. Nous travaillons à réparer ces oublis.

Enfin, j’ai le solide espoir de vivre de ma passion un jour. Je ne sais pas encore sous quelle forme mais la persévérance et l’envie sont les maîtres mots de la situation.

Un petit mot, un conseil ?

Plutôt qu’un conseil, un rappel : « Nos ancêtres ne nous appartiennent pas ».

Et pour conclure, ce qui me semble être ma ligne de conduite : Accepter nos ancêtres tels qu’ils sont, ma plus grande satisfaction étant de sortir un anonyme de l’oubli.

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Merci Aurélie.

À bientôt.

© Aurélie B

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