Veuvage et remariage au XIXème siècle

Je n’y connais pas grand chose sur les traditions en France autour du veuvage et du remariage au XIXè siècle. Force est de constater qu’une veuve, mais également un veuf, ne reste pas longtemps sans une moitié… Amour, contrainte sociale, besoin familial, norme religieuse ? N’étant pas calée sur le sujet je ne peux me lancer dans des affirmations, mais uniquement des observations et des hypothèses.

Mon hypothèse première est celle du besoin d’un cadre familial pour les enfants qui doivent avoir une figure paternelle pour les guider et subvenir à leurs besoin. N’oublions pas la femme qui n’étant plus sous la responsabilité du père de part son mariage et n’étant plus sous l’aile de son mari de part son veuvage se retrouve sans structure et autorité familiale aux yeux de la société.

Vient ensuite ma seconde idée qui concerne la contrainte sociale. Sans une figure d’autorité la femme veuve ne sait pas s’occuper d’elle, c’est bien connu… Elle sera alors pointée du doigt comme une gourgandine voire pire. Sans une femme à la maison pour s’occuper de lui et des enfants que deviendra monsieur qui ne sait pas comment on cuit un œuf… D’autant plus qu’il n’a pas le temps d’apprendre à cuisiner puisqu’il se retrouve avec ses descendants et son travail. Bon c’est du second degré, mais je pense que vous voyez où je veux en venir.

L’hypothèse de l’amour, je ne sais pas vous mais honnêtement lorsque je vois le court laps de temps entre le décès et le nouveau mariage j’ai du mal à y croire. Quant à la religion n’étant pratiquante d’aucune religion je ne peux me prononcer.

Pour moi les deux hypothèses citées en début de ce billet sont étroitement unies dans la réalité du moment pour ces femmes et hommes du XIXè siècle, mais il ne s’agit là que de mon opinion personnel.

Alors, pourquoi je vous parle de ce sujet aujourd’hui ? Tout simplement suite à une découverte que je qualifierai de cocasse, même si pour d’autres généalogistes cela semblera certainement banal, je me suis posée la question de « Combien de temps après le décès de sa moitié, madame ou monsieur va convoler de nouveau en noces ? ». En effet, pendant les recherches que j’ai entamé sur les ancêtres de ma belle-sœur (voir Dis, tu me prêtes tes ancêtres stp?) je cherchais le mariage de DRUART Louis Joseph et de HAYEZ Octavie Louise en 1884. Recherche tout à fait simple puisque la date est vite trouvée dans les TD et l’acte qui en découle se jette dans mes bras après quelques pages tournées dans le registre concerné.

Et c’est là que lire attentivement un acte se révèle judicieux, même si on le sait parfois on va trop vite. Ces recherches n’étant pas faites pour mon arbre personnel, j’essaye de faire plus attention encore. Quelle bonne idée ! Si pour monsieur c’est un second mariage (premier mariage en 1866 avec LERNOULD Elisa) il s’avère qu’il en est de même pour mademoiselle qu’il faut en fait appeler madame (premier mariage en 1871 avec LARVENT Louis). La recherche du premier mariage de Louis Joseph s’avère elle aussi pleine de surprise puisque la moitié se présente à la mairie : veuve d’un mariage en 1858 avec DUROT Hypolite !

Extrait de l’acte de mariage DRUART-LERNOULD en 1866

Puisqu’Octavie Louise était elle aussi veuve je me mets en quête de ce premier mariage en 1871 qui semble du coup un peu fade puisque « garçon et fille » se sont présentés à l’autel sans passif marital. La recherche du décès d’Octavie me laisse alors pantoise…

Extrait de l’acte de décès d’Octavie Louise HAYEZ

« épouse en troisièmes noces »… Et hop un nouvel acte de mariage à rechercher cette fois en 1892. Celui-ci conte le veuvage de monsieur le marié DELFORGE Augustin dont le premier mariage eut lieu en 1875 avec VANEZ Elisa.

Extrait du mariage DELFORGE-HAYEZ en 1892

Les recherches se poursuivant il s’avère que la défunte était elle aussi veuve lors d’un mariage de 1873 avec DUPONT LOUIS…

Extrait du mariage DUPONT-VANEZ en 1873

Voyez-vous se dessiner l’enchevêtrement des unions entre 1858 et 1892 ? Avez vous réussi à relier tout ce beau monde sans poser à l’écrit les veuves et veufs de cette cascades ? Je ne sais pas quel visuel est le plus parlant mais voici la succession chronologique de ces mariages :

Veuvages et remariages entre 1858 et 1892
Chronologie des mariages

Même si tous ces mariages successifs ne furent pas féconds, plusieurs enfants en sont nés. Il me manque encore quelques décès et mariages, mais voici la liste dans l’ordre des naissances :

Tableau des enfants issus des mariages évoqués

J’ai tenté d’établir à partir de ces données la composition des ménages au fil des années et des événements NMD de ces couples afin de conclure cette page. Seuls les recensements de 1901 et 1906 sont disponibles en ligne, ils sont donc hors temps pour cet exercice. Il me faudrait donc me déplacer (ou que quelqu’un aille sur place) pour vérifier les recensements de 1891 pour confirmer au moins la dernière étape en 1892…

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